Article de Benoit NOWACZYK paru dans Les Echos Sociétés et solutions.lesechos.fr
Dans une opération de LBO (leveragebuy-out), la valorisation est rarement le résultat mécanique d’une méthode de valorisation normée. La performance financière ne suffit pas. Les investisseurs privilégient une performance récurrente,normalisée et cohérente avec l’historique,même si son niveau est plus modéré.
La récurrence du chiffre d’affaires est l’un des premiers moteurs de valorisation
La combinaison d’une marge et d’unchiffre d’affaires récurrents constitue, dansce cadre, l’un des profils les plus recherchés.Abonnements, contrats pluriannuels, revenus de maintenance, bases clients fidèles : autant d’éléments qui sécurisent la trajectoire de chiffre d’affaires et la capacité de service de la dette.
Un modèle récurrent permet de mieux absorber les chocs conjoncturels ou les aléas commerciaux. Pour l’évaluateur, cela se traduit par des scénarios de stress moins sévères.
Pour le dirigeant, l’enjeu est de documenter les revenus récurrents : historique et taux de renouvellement, durée moyenne des contrats, contribution à la marge…
La génération de cash est renforcée par la prévisibilité des revenus
La récurrence du chiffre d’affaires a un impact direct sur la génération de cash, déterminante car elle conditionne le niveau de dette mobilisable. Des cashflows récurrents et prévisibles sécurisent le service de la dette. Cette capacité à supporter davantage de dette augmente mécaniquement la valeur de l’entreprise.
Cette visibilité influence également la flexibilité financière post-acquisition. Enfin, la visibilité des cash-flows est un facteur clé de crédibilité du scénario de désendettement.
Dans une opération de LBO, toutes les perspectives ne se valent pas. Les investisseurs accordent une prime aux trajectoires clairement identifiées, fondées sur des moteurs de croissance explicites et compréhensibles, avec des indicateurs concrets, et des hypothèses chiffrées.
Des perspectives clairement identifiées valent plus qu’une croissance espérée
Dans une opération de LBO, toutes les perspectives ne se valent pas. Les investisseurs accordent une prime aux trajectoires clairement identifiées, fondées sur des moteurs de croissance explicites et compréhensibles : extension d’une offre existante, déploiement géographique progressif, montée en gamme auprès d’une base clients déjà constituée…
Pour qu’elles soient intégrées dans une valorisation, ces trajectoires doivent être mesurables et s’appuyer sur des indicateurs concrets : taux de transformation d’un pipeline commercial, revenus déjà sécurisés, marges observées sur des activités comparables ou historique de croissance sur des segments existants. Elles doivent se traduire en hypothèses chiffrées.
Enfin, les trajectoires les mieux valorisées sont celles qui sont compatibles avec l’organisation existante. La question n’est pas tant l’ambition du plan que sa probabilité d’exécution.
En LBO, la réduction du risque perçu a souvent un effet plus favorable sur la valorisation que l’amélioration marginale de la performance.
Pour le dirigeant, préparer l’entreprise à une telle opération consiste à structurer, mesurer et rendre lisibles les fondamentaux du business. Pour l’investisseur, cette lisibilité conditionne le levier mobilisable et le rendement attendu. Pour l’évaluateur, elle constitue le socle d’une valorisation soutenable.
C’est dans cette convergence des regards que se crée concrètement la valeur.